La science devenue dogmatisme scientifique

Ah le dogmatisme scientifique…

J’en ai assez d’entendre des personnes parler « au nom de la science ».

Comme si la science était une entité unique, homogène, indiscutable. Comme si elle parlait d’une seule voix. Comme si elle était devenue une loi, une vérité absolue, un dogme moderne.

Dogmatique, pour Langevin, est l’exposé d’une science qui assène des lois comme des vérités transcendantes, et ne ménage aucune place pour le libre examen par les lecteurs des connaissances exposées.

En principe, le modèle d’un système non dogmatique, c’est la science. Cet exemple nous permettra de voir comment fonctionne un système qui se veut tel, et ses limites. En principe, tout peut y être critiqué et contesté. Tout scientifique admettra que les lois, les théories actuellement admises ne sont que provisoires mais il croira fermement à leur validité actuelle, tout en admettant qu’elles pourront être modifiées, voire abandonnées un jour.

Le problème est que la plupart des scientifiques, et surtout des « professionnels de santé » refusent cet état de fait, et tombe dans un dogmatisme scientifique.

Et quand on parle de science, de quelle science parle-t-on, exactement ?

Quelle science, d’abord ?

La science n’est pas une religion. Elle n’est ni un code moral, ni une autorité supérieure destinée à clore toute discussion.

La science est une démarche, pas un verdict. Un processus de recherche, fondé sur :

  • des postulats souvent non vérifiés, posés là, comme cela.
  • des hypothèses
  • des modèles réducteurs
  • des protocoles expérimentaux (essais randomisés, double aveugle, statistiques)

Et pourtant, dans le discours dominant, la science est souvent utilisée comme un argument d’autorité : « C’est scientifique, donc c’est vrai. »

Or, toute personne un tant soit peu rigoureuse sait que la science ne produit jamais de vérités définitives, seulement des connaissances provisoires, contextuelles, révisables.

Comme le rappelait David Jonathan Gross : « La science efface l’ignorance d’hier et révèle l’ignorance d’aujourd’hui. »

Quand la science devient dogme

Le problème n’est pas la science. Le problème, c’est le dogmatisme scientifique.

Il apparaît lorsque :

  • le doute devient suspect
  • la critique devient hérésie
  • l’expérience vécue est disqualifiée
  • tout ce qui n’est pas mesurable est jugé inexistant
  • la complexité du vivant est réduite à des chiffres

Comme l’écrivait Fritjof Capra : « Une science qui ne se préoccupe que de quantité et se fonde exclusivement sur la prise de mesures est intrinsèquement incapable de traiter l’expérience, de la qualité et des valeurs. »

Le réel est alors amputé. Le vivant est simplifié. L’humain est réduit à un objet d’étude. Et la science devient un dogmatisme scientifique.

Science moderne et promesse non tenue

Si la science moderne, avec tous ses développements, nous avait dotés d’une vie saine, harmonieuse, belle, et parfaitement heureuse, alors personne n’aurait l’idée saugrenue de chercher ailleurs.

Mais force est de constater que « Ses tentatives jusqu’à ce jour n’ont abouti qu’à une civilisation manifestement défectueuse, à une dégénérescence menaçante et à des calamités de toute sorte. »

Il devient alors évident qu’il faut se tourner d’un autre côté, non pas pour rejeter la science, mais pour la dépasser, l’ouvrir, l’intégrer à une vision plus large du vivant.

Reconnaissons-le sans fausse honte : Nous autres modernes sommes encore des enfants en matière de Sagesse.

Le dogmatisme scientifique

En matière de santé : un constat alarmant

On nous parle sans cesse de progrès médicaux, de performances technologiques, d’innovations thérapeutiques.

Et pourtant…

👉 Jamais la France n’a compté autant de malades chroniques.

👉 Jamais les troubles fonctionnels, inflammatoires, psychosomatiques, anxieux, dépressifs n’ont été aussi répandus.

👉 Jamais la dépendance au système de soins n’a été aussi forte.

L’Académie de médecine elle-même reconnaissait en 2020 : « Devant les difficultés et dégradations du système de santé, il n’est pas surprenant de constater que de nombreux Français se tournent vers d’autres moyens pour se soigner »

👉 83 %, précisément.

Ce chiffre n’est pas une dérive. C’est un signal.

Une science de la santé qui oublie le sujet

En santé, le dogmatisme scientifique atteint un sommet d’absurdité.

Les protocoles isolent le symptôme, neutralisent le contexte, ignorent l’histoire du sujet, évacuent le vécu, le sens, les émotions

On soigne des maladies… mais on oublie les personnes.

Or, comme le rappelait Jacques Bénigne Bossuet : « La santé dépend plus des précautions que des médecins. »

Et comme l’énonçait déjà Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Un appel à l’humilité scientifique

Dans ces temps de dogmatisme scientifique, il est temps de rappeler une chose essentielle à celles et ceux qui brandissent la science comme une massue rhétorique :

👉 La science devrait commencer par l’humilité.

Chaque scientifique honnête devrait commencer ses phrases par : « Jusqu’à preuve du contraire… »

Et non par : « C’est comme ça, c’est scientifique »

La physique atomiste a dû s’incliner devant la physique quantique. Les certitudes d’hier sont devenues les erreurs d’aujourd’hui.

Pourquoi la santé ferait-elle exception ?

Pour une science vivante, consciente et intégrative

La science est précieuse. Mais elle devient dangereuse lorsqu’elle se prend pour une vérité ultime.

Nous avons besoin d’une science ouverte, consciente de ses limites, respectueuse du vivant, capable d’intégrer le corps, le psychisme, les émotions, le sens au service de l’autonomie, et non de la dépendance

La science n’est pas un dogme. Elle n’est pas une croyance. Elle est un outil.

Et un outil, aussi puissant soit-il, doit rester au service de l’humain, jamais l’inverse.

Conclusion : réconcilier la science avec le vivant

Si la science veut réellement servir la santé, alors elle doit cesser de morceler l’être humain.

On ne peut plus continuer à penser le corps sans le psychisme, le cerveau sans l’histoire, les symptômes sans le sens.

C’est précisément ce que met en lumière la triade psycho-cérébro-organique : le psychisme influence le cerveau, le cerveau influence les organes et le corps, en retour, informe l’esprit.

Le vivant fonctionne en interaction permanente, non en silos disciplinaires. Toute approche qui nie cette réalité, aussi « scientifique » soit-elle, devient partielle… donc insuffisante.

Face à un système de santé en difficulté, face à l’explosion des maladies chroniques et des troubles fonctionnels, l’enjeu n’est pas de rejeter la science, mais de la réinscrire dans une vision plus large, plus humaine, plus consciente.

Une science qui accepte de ne pas tout savoir, de ne pas tout mesurer, de ne pas tout contrôler.

Une science qui redonne à chacun sa place centrale dans son propre processus de santé.

C’est dans cet esprit que j’ai développé ma plateforme : un espace de transmission, d’accompagnement et de réflexion, destiné à celles et ceux qui souhaitent comprendre les causes profondes de leurs déséquilibres, retrouver de l’autonomie et redevenir acteurs de leur santé et de leur vie.

Non pas contre la science, mais au-delà du dogme.

Pour une approche intégrative, préventive et vivante de la santé. Pour une science humble. Et, surtout, au service du vivant.

Arnaud Joubaire

Arnaud JOUBAIRE est coach, conférencier et formateur depuis plus de 30 ans

30 ans d’expertise au service de votre affirmation, de votre croissance individuelle, de votre bien-être et de votre santé intégrale !